Faut-il en finir avec le permis de conduire à vie ?
Permis / Autorisation de conduire - Association ECF (École de Conduite Française)
Une octogénaire jugée à La Rochelle pour un accident mortel impliquant une jeune fille de 10 ans relance le débat autour de l’aptitude à conduire des seniors. Faut-il repenser le permis de conduire à vie ?
Avec
– Patrick Mirouse, président des auto-écoles ECF
– Floraine Julllian, co-fondatrice du Collectif Sauver des vies c’est permis
– Sophie Sainten, déléguée générale de l’Association prévention routière
Ce 1er juillet 2025, le tribunal correctionnel de La Rochelle a jugé une conductrice de 84 ans, accusée d’avoir mortellement percuté Margot, 10 ans, qui se baladait à vélo, blessant sept autre enfants dans l’accident. Depuis la survenue du drame en juin 2024, un collectif de victimes et de familles s’est formé : « Sauver des vies, c’est permis » qui milite pour l’instauration d’un examen médical obligatoire tous les cinq ans à partir de 70 ans. Une proposition de loi en ce sens, cosignée par 98 parlementaires, est en ce moment à l’étude au Parlement, malgré un calendrier législatif surchargé. Déjà en place dans quatorze pays européens, les dispositifs médicaux liés à la conduite devraient devenir la norme dans toute l’Union européenne, avec une directive prévoyant leur généralisation d’ici 2030.
De l’autre côté, les acteurs du secteur automobile s’insurgent contre l’instauration de visites médicales obligatoires, qu’ils jugent contraires aux libertés individuelles et discriminatoires à l’égard des conducteurs âgés. Délégué général de 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray s’apprête à lancer une campagne baptisée « vieillir et conduire » afin d’empêcher toute évolution de la loi.
Un débat plus général sur la sécurité routière
Mais la réforme du permis de conduire ne concerne pas que les seniors. La réforme du permis de conduire, avec l’abaissement de l’âge d’obtention à 17 ans, était-elle une réponse adaptée aux enjeux de mobilité ou un risque accru pour la sécurité routière ? Comment encadrer cette évolution sans fragiliser l’apprentissage, ni creuser les inégalités territoriales ?

