Alexandre Jardin : « Les ZFE consistent à virer les pauvres des villes pour que les riches respirent mieux »
Zone à faible émission de particules (ZFE) / à faible émission mobilité (ZFE-m) - Alexandre Jardin
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Depuis le début de l’année, certaines villes françaises interdisent la circulation des véhicules les plus polluants. Alexandre Jardin y voit un racisme social qu’il dénonce dans son livre Les #Gueux (Michel Lafon), en librairie ce jeudi.
LE FIGARO. - Vous comparez les ZFE à la ségrégation. Pensez-vous que l’outrance sert votre discours ?
ALEXANDRE JARDIN. - Il est capital de bien nommer ce qui est infligé aux milieux populaires qui sont exclus des villes ZFE (zone à faibles émissions, NDLR). Ce n’est pas un « sentiment », un « ressenti » (comme pour la délinquance), c’est le réel très violent, ségrégatif : on interdit de fait de ville plus de 20 millions de Français qui n’ont pas les moyens de changer de voiture et n’ont pas d’alternative pour aller travailler, se soigner à l’hôpital… vivre ! Avec un PV de 68 euros à la clé, tandis qu’un tiers du peuple vit dans la ruralité, où il y a très peu de bouches de métro.
Mais il y a pire : les ZFE sont d’une rare perversité, car elles incorporent les routes qui les traversent ou les frôlent. Le pauvre ne peut donc plus bouger sans être verbalisable, sans devenir un suspect dans son propre pays. Superbe, non ?

