Accueil > FFMC Loire Atlantique

jeudi 4 avril 2019

L’enfer est pavé de bonnes intentions et la route est pavée d’intentions dangereuses pour les 2RM - Saison 2019 Episode 2 : le 21 mars 2019 Blain

Rencontre avec Monsieur Philippe Caillon, adjoint de Monsieur Buf maire de Blain

Suite à notre courrier d’alerte concernant le giratoire de la Paix implanté sur le boulevard de la Résistance qui a fait l’objet d’un « casque d’âne » dans le Motomag de décembre 2018 et après une relance téléphonique, j’ai été reçue le jeudi 21 mars par Monsieur Caillon, adjoint en charge de l’urbanisme.

L’objet principal de l’échange concerne le giratoire, notamment le décor paysager comportant des pieux biseautés.

J’ai fait un rappel des spécificités des 2RM tel que la vulnérabilité (non carrossé), la gestion équilibre/déséquilibre, le constat du défaut de perception des 2RM par les autres usagers (VL ou PL) qui aggravent le risque de collision avec une chute sur les infrastructures … le risque 0 n’existe pas, mais l’aggravation par les infrastructures existe !

Une analyse conjointe est faite concernant les limites des capacités visuelles des conducteurs et usagers de la route (tache aveugle, amnésie cognitive visuelle …). Cette analyse éclaire des situations d’accident potentiel constatées par Monsieur Caillon sur la commune.
Lors de l’échange, nous concordons sur les risques liés au manque de concentration voire à l’inattention, pour lesquels une des meilleurs solutions est la simplification du paysage routier : ne pas surcharger les indications routières, rester sobres sur les peintures, éviter les panneaux publicitaires et les expérimentations en infrastructures.

Concernant le giratoire de la Paix, après échange avec les services paysagers à l’origine de l’implantation des pieux (pour un effet esthétique), la commune s’engage à araser ou retirer ceux qui se trouvent à proximités de la chaussée. Ne seront conservés que les pieux au centre du giratoire.
Les pierres placées en bordure du centre paysager seront conservées afin d’empêcher les poids-lourds de monter sur le giratoire pour simplifier leur giration.
Les gros rochers placés sur l’extérieur du giratoire ne seront pas retirés car ils protègent un cheminement piétons et un bâtiment déjà 4 fois « visité » par des véhicules. Les services vont les rendre plus visibles surtout la nuit.

En complément, j’ai souligné la dangerosité, par défaut d’adhérence, des routes dégradées et des zones gravillonnées pour lesquelles une signalisation largement en amont est impérative. Et Monsieur Caillon est conscient qu’une chute même à vitesse modérée (30 ou 50 km/h) peut être très grave pour un conducteur de 2RM.

Le maire va indiquer par courrier à la FFMC 44 les décisions (ci-dessus développées) concernant les corrections du giratoire de la Paix.

Nous remercions les adhérents qui nous ont aidés dans le repérage sur site et Monsieur Caillon adjoint au maire de Blain pour cet échange constructif.

Pour la commission infrastructure
Pascale Boutet

Votre message

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Les commentaires

  • Qu’est-ce l’« amnésie cognitive visuelle » ? Je connais les agnosies visuelles (divers troubles de la reconnaissance d’un objet, souvent lié à un trauma) et c’est d’ailleurs le seul résultat proche que je trouve lorsque je cherche « amnésie cognitive visuelle ». Pourriez-vous nous éclairer ?

    Merci d’avance !

    • Bonjour

      Ce que nous entendons par « amnésie cognitive visuelle » c’est une particularité du fonctionnement du système visuel humain, une question de physiologie.

      Le système visuel humain comprend les globes oculaires tapissés par la rétine qui contient des capteurs visuels, les nerfs optiques et le cerveau.
      Mais le cerveau reçoit beaucoup plus d’informations sensorielles (des 5 sens) et de demandes (inconscientes ou conscientes) qu’il peut en traiter simultanément. Donc, il fait un tri en éliminant, ou en mettant en réserve, ce qui n’est pas nécessaire à son action immédiate. Ainsi, des informations quelque soit leur valeur notamment pour la survie de la personne peuvent être mise de côté, différées.
      L’amnésie cognitive visuelle ; c’est comme un trou de mémoire ciblé sur une information venant des yeux

      Par exemple : un conducteur qui se concentre sur un feu tricolore pour décider s’il continue à la même vitesse, ou s’il ralentit, monopolise une part importante de son cerveau (son attention) sur cette question en mettant de côté les informations transmises en permanence par les yeux.
      Ces informations « visuelles » reçues donc connues (d’où cognitive) par le cerveau si elles ne concernent pas la demande consciente (feu tricolore) ou la survie (demande inconsciente, les réflexes primaires) peuvent être « oubliées » (d’où l’amnésie).
      Si elles concernent la survie (traversée d’un piéton, ouverture d’une portière, etc) elles sont brièvement écartées puis traitées en remplacement de la demande consciente (le feu tricolore). Ce phénomène est plus ou moins bref en fonction de l’état de concentration du conducteur (fatigue, médicaments, dis tracteurs divers).

      Cela serait sans conséquence si le conducteur était à l’arrêt mais il roule donc il se rapproche de l’obstacle sans en avoir conscience. Lorsque le danger est réalisé, le temps de réaction se met en place (au mieux 1 seconde avant le déclenchement du mouvement de freinage) hors à 50 Kms nous parcourons 14 m en 1 seconde.
      C’est une des explications du « Désolée, je vous ai vu trop tard … pour vous éviter » que nous entendons trop souvent.

      Ce fonctionnement est constant pour tout objet de concentration importante, donc pour le passage piéton 3D avec la surprise « qu’est-ce que c’est ? », puis la crainte « M… je ne vais pas arriver à passer sans problème ! », la recherche de solution « que faire ? » et ainsi de suite …mais la présence d’un piéton n’est pas immédiatement analysée. Cela si le conducteur est confronté la première fois au PP3D. Puis l’habitude prend le pas sur la surprise rendant le PP3D inutile dans l’objectif de ses concepteurs.

      C’est pareil dés que dans le paysage routier se présente une situation, une signalétique non répertoriée dans l’apprentissage de la conduite ( le code de la route + l’expérience acquise). C’est le danger des expérimentations sur les infrastructures.

      Nous serons le 28 avril à Savenay avec un stand prévention routière où ce phénomène sera présenté à nos visiteurs.

      J’espère ne pas avoir été trop embrouillée dans mon explication sinon n’hésitez pas à solliciter plus d’explication.

      Cordialement
      Pascale