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Rencontre régionale inter-ASRE - Angers 20 novembre 2014

C’est à Angers que se déroulait ce jeudi 20 novembre 2014, la rencontre régionale inter-ASRE (Associations de Sécurité Routière en Entreprise).
Ayant eu l’information par un des membres du bureau de l’antenne FFMC 44 (via son entreprise), nous avons décidé de nous y inscrire et de participer à cette journée.
Nous avons retrouvé sur place un de nos collègues de l’antenne de la FFMC 49

C’est avec une petite collation matinale que nous avons été accueillis avec les autres participants avant de nous retrouver dans l’amphithéâtre du Centre Pierre Cointreau de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Suite à la présentation rapide de la journée par les organisateurs (ASRE / Préfecture / CARSAT / CCI / Medef), le directeur de la CARSAT 49 (anciennement la CRAM) rappelait que le risque routier est la première cause d’accidents mortels au travail, notamment lors des trajets domicile/travail. Le ton était donné pour cette journée !

Madame Sandrine Gaymard, Enseignant-Chercheur, Maître de conférences-HDR au laboratoire de
Psychologie de l’Université d’Angers ouvrait la matinée par la première conférence-débat concernant la psychologie de l’individu dans la prise de risques et la gestion des accidents.

Cette présentation, basée sur de nombreuses études internationales, devait démontrer que non seulement la prise de risques était différente en fonction des individus (homme, femme, âge, situation sociale, psychologique et physiologique, gestion du stress, etc.) mais également que la gestion des accidents dépendait du type de travail (transport de personnes, de fret, manutention, etc.), de la règlementation du travail (horaires décalés, pression de la direction, respect des horaires, mauvaise communication interne, etc.). Le tout étant lié à la personnalité du conducteur : un conducteur ayant un « locus interne » considère qu’il est « responsable de sa sécurité », « reste calme » et par conséquent est potentiellement plus sécuritaire. A l’opposé, un conducteur au « locus externe » prononcé, juge que « les fautifs sont les autres », et donc peut être un conducteur à risques.
Tous ces facteurs entrainant une violation des règles : transgression légitime ou non. Par exemple : « dépasser la limitation de vitesse est considéré comme acceptable par rapport à d’autres transgressions comme le fait de conduire en ayant bu ou de s’engager dans des manœuvres de dépassement risquées ». Notre conférencière concluait sa présentation par un fait divers tragique puisqu’il s’agissait du 1er accident mortel dans le monde, dû à un véhicule routier. Il eut lieu le 17 août 1896 à Londres. « …Une mère fut renversée, alors qu’elle traversait l’esplanade du Palais, par une automobile. Selon les témoins, le véhicule roulait à une ‘’vitesse énorme’’, probablement 12,8 km/h au lieu des 6,4 km/h qu’il n’était pas censé dépasser. Un jeune homme était au volant (…) et, selon certains, essayait d’épater une jeune passagère. Le responsable de l’enquête judiciaire a alors affirmé : ‘’Cela ne doit plus jamais se produire’’… » .

A l’issue de cette première intervention, quelques questions de la part des participants sont venues compléter la démonstration (Quid d’une étude française ? Etudes portant sur des métiers spécifiques, réglementation française du travail, …). Mais la FFMC 44 n’a pas oublié de rappeler aussi que les thèmes du partage de la route et de l’attention à porter aux usagers vulnérables sont essentiels. Une étude a été réalisée à ce sujet (usagers vulnérables) mais elle ne concernait que les piétons. La seule problématique importante qui en ressortait, était l’incivilité : incivilité des piétons envers l’automobiliste et inversement.

La deuxième conférence-débat de la matinée fut animée par Monsieur Yanick Morel, Consultant senior en Sécurité-Comportementale et co-auteur de « La sécurité en entreprise ».

Quelle ne fut pas notre (agréable) surprise d’entendre (enfin) un autre discours sur la sécurité routière… Bien loin de toutes les « bonnes paroles » assénées par la Sécurité Routière, il était désormais question de partage, d’obtention, de « faire naitre et de faire vivre » la sécurité sur la route permettant de « réunir les conditions favorables à l’obtention d’une vigilance partagée ». Il faut passer de « l’obéissance à l’adhésion ». Des exemples et « anecdotes » bien choisis (perception aveugle, amnésie cognitive, vulnérabilité des usagers à risque, etc.) ont corroborés ces paroles et reçus une salve d’applaudissement de la part des quelques motards présents dans la salle.
Ce fut ensuite l’analyse comportementale pouvant interférer sur un accident : différences entre la « priorité » (c’est la loi, l’obligation, c’est pour mon chef, mesures répressives, communication interne fermée, …) et la « valeur » (j’y crois, j’y adhère, c’est pour moi, respect des standards et des bonnes pratiques qui l’emportent sur les incitateurs, fierté individuelle et collective, communication ouverte, …).Les types de comportement dangereux n’étaient pas oubliés : 10% conscient (volontairement hors normes ou intentionnel), 30% habituel (le « pilote automatique », la routine) et enfin 60% involontaire (les erreurs critiques et non critiques).
Enfin l’analyse causale d’un accident clôturait cette conférence, (un accident est une somme de causes… Si une seule cause avait été supprimée, l’accident ne se serait pas produit). Là encore, des accidents qui ont marqués l’opinion publique étaient pris en exemple (vol AF 447 Rio-Paris : 228 morts)

Etonnamment aucune question n’a été posée à la fin de l’intervention … Toutefois nous devions souligner la notion de « constance » dans la démarche constructive à cette adhésion à la Sécurité Routière. En effet, ce travail d’adhésion est nécessaire bien en amont de l’embauche dans une entreprise et ce, dès le système scolaire et éducatif, ce qui est le but de nos ERJ.

Il était déjà l’heure de se restaurer et autour d’un copieux buffet, nous avons eu quelques contacts intéressants (intervenante MSA dans des lycées agricoles, dirigeant d’une société Angevine de transport routier) que nous avons orientés vers l’antenne de la 49. Certains se sont rendus compte que les 2RM étaient bien souvent les oubliés et qu’ils payaient un lourd tribut à la route… Il était essentiel de les « intégrer » dans les formations (formation agricole, camion, …). Nous avons quand même laissé nos noms et adresses mails au cas où …

Nous avons pu également découvrir durant cette pause-repas, les quelques stands à disposition. Si les « éternels » arsenaux répressifs de nos forces de l’ordre (moto équipée, radars mobiles, embarqués, …) étaient exposés, d’autres stands comme des simulateurs de conduite ou de collision à faible vitesse ainsi que des prestataires et associations, sans oublier un fourgon autoroutier d’intervention accidenté, étaient à disposition du public.
Malheureusement le temps de la pause déjeunée a été trop court et nous n’avons pu tester aucun de ces outils de formation. Dommage. Par contre une centaine de jeunes présents à ce moment en ont profité.

L’après-midi commençait sous forme de tests… En effet l’intervention de la Fondation Vinci sur l’hypovigilance et les distances de sécurité risquait de « mettre en pratique ces thèmes », surtout au moment de la digestion… Mais les images des caméras de surveillance autoroutières montrant plusieurs accidents dus à l’endormissement ou au non respect des distances de sécurité (train de camions) ont maintenu tout le monde en éveil.
Aucun de ces accidents n’était mortel mais la camionnette d’intervention broyée par une collision (présentée sur le parking du CCI) était en mémoire…
Cette étude a également permis de mettre en avant l’accroissement du risque routier pour les véhicules légers équipés d’un régulateur de vitesse : endormissement (‘’ronronnement du moteur’’, plus d’action sur la pédale d’accélérateur, …), allongement du temps de réaction (jambes repliées sous le siège), réduction des distances de sécurité, etc.

Afin de nous réveiller définitivement les participants furent ensuite séparer en deux groupes pour suivre alternativement deux ateliers thématiques.
Le premier, animé par Monsieur Jean-Claude Robert, directeur PSRE, consistait à tester les évolutions des politiques de sécurité.
Un système de boitiers électroniques enregistrait les choix des participants et les différents graphs s’affichaient en temps réel. Spécialement conçu pour les entreprises, ces logiciels s’adressaient surtout aux responsables sécurité, CHSCT, dirigeants, …

Nous ne pouvions pas y couper puisque le second atelier était un test du code de la route. Dirigé par Monsieur François Guyet de la société ENPC (Editions Nationales du Permis de Conduire), les 40 questions s’adressaient à des personnes ayant déjà leur permis de conduire, un test post-permis en somme. Beaucoup de réponses sur le comportement, la courtoisie, le bon sens, l’expérience se retrouvaient dans les questions.
Si parfois des réponses pouvaient surprendre (je positionne mon pied devant la pédale de frein) certaines explications ne l’étaient pas moins (vous n’êtes pas sûr que le motard va respecter le panneau « STOP » donc Réponse… je positionne mon pied…). Ce qui prouve bien que certaines images ont la vie dure !!!
D’ailleurs la FFMC 44 a relevé à plusieurs reprises des méconnaissances sur des spécificités relatives à la conduite des 2RM (circulation sur giratoire, remontée de files,...), le conférencier allant jusqu’à déconseiller aux automobilistes d’indiquer précocement leur volonté de changer de file par utilisation du clignotant « afin de ne pas faire peur aux motards » qui remontent les files !
Cette affirmation a largement été contredite par les motards présents, expliquant que si la remontée de files n’est pas une situation ordinaire, nous SOUHAITIONS et VOULIONS justement que les voitures les utilisent pour prévenir de leurs intentions.

Malgré des scores lamentables (aucun des participants n’aurait eu son permis ce jour-là… le meilleur ayant eu 33 bonnes réponses sur 40 questions et normalement 5 erreurs maxi), personne n’a été obligé de le rendre…
Toutefois ce genre de questionnaire n’est pas actuellement envisageable pour des apprenants.

La journée se clôturait sur ce moment un peu plus convivial mais révélateur du travail qu’il y a encore et toujours à faire pour s’améliorer, se remettre en question et partager nos expériences. Au delà des échanges effectués lors des différentes séances, l’intérêt de cette journée a porté également sur les contacts pris auprès d’entreprises et autres intervenants, pour promouvoir la démarche de la FFMC en matière de Sécurité Routière (ERJ) ainsi que la promotion de l’AFDM-Pro.

La prochaine rencontre régionale inter-ASRE aura lieu en 2015, à Nantes et organisée par l’ASRE 44. Nous espérons bien sûr y être présents et à continuer de nouer des contacts pour faire passer le message que la route n’est pas au plus fort, qu’elle se partage et que rien n’est jamais gagné d’avance.

Pascale , Philippe, J-François

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